C'est l'un des dispositifs automobile les plus attendus de l'année. Après deux éditions (2024 et 2025) qui ont équipé environ 100 000 ménages, le leasing social revient pour une troisième saison, annoncée le 10 avril 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans le cadre du plan d'électrification des usages. Le principe ne change pas : louer une voiture électrique neuve, sans apport, pour un loyer plafonné. Consultez notre article pour en savoir plus.

Le leasing social 2026 est l'une des meilleures portes d'entrée vers l'électrique pour les ménages modestes qui roulent beaucoup, à condition de raisonner en coût complet sur trois ans et d'utiliser l'ancienne voiture comme levier de financement.
Pour cette 3ᵉ édition, l'État met en location 50 000 voitures électriques neuves au profit des ménages modestes (RFR par part ≤ 16 880 €), soit environ un foyer sur deux. Les commandes ouvrent le 16 juillet 2026, sur des contrats LLD ou LOA d'au moins 36 mois, sans apport. Le loyer est plafonné à 200 €/mois TTC hors options et assurance, avec au moins un quart des offres sous 140 € et certaines sous 100 €, pour 15 000 km/an inclus. L'aide atteint 29 % du prix, plafonnée à 6 500 €, et grimpe jusqu'à 9 500 € pour un véhicule fabriqué en Europe (batterie et moteur compris).
Qui a droit au leasing social 2026 ?
La plateforme officielle d'inscription a tranché les critères 2026. Le dispositif vise les particuliers actifs réunissant deux conditions cumulatives :
- un revenu fiscal de référence (RFR) par part inférieur ou égal à 16 880 € et,
- un usage contraint de la voiture
- un trajet domicile-travail de plus de 10 km ou,
- plus de 8 000 km/an parcourus avec son véhicule personnel à titre professionnel.
Le dispositif couvre la France métropolitaine, les DROM et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Un point technique souvent mal compris : le RFR retenu est celui de l'année N-2 à la date de paiement du premier loyer. Pour un premier loyer versé en 2026, c'est donc votre avis d'imposition 2025 (revenus 2024) qui compte.
Voici les plafonds correspondants selon le nombre de parts :
À savoir : le RFR figure en première page de votre avis d'imposition ; divisez-le par votre nombre de parts. Dernière condition : si vous avez déjà bénéficié du leasing social en 2024 ou en 2025, vous ne pouvez pas y prétendre cette année.
Voiture électrique à 100 €/mois : coût réel
Le loyer affiché ne couvre ni l'assurance, ni la recharge, ni les options, ni d'éventuels frais de restitution. Pour en juger, raisonnez en budget mobilité complet sur trois ans, pas en mensualité de vitrine.
Selon le dossier de presse officiel, l'énergie joue en votre faveur : une recharge à domicile revient à environ 3 €/100 km, contre 8 € et plus pour un diesel.
Voici le comparatif officiel, pour 12 000 km/an :
Source : dossier de presse, plan d'électrification des usages, avril 2026.
Le vrai calcul se base donc sur : loyer + assurance + recharge − économie de carburant. Un loyer à 140 € avec environ 44 € de recharge mensuelle place le budget plancher autour de 184 €/mois hors assurance (souvent moins qu'un vieux diesel une fois le carburant économisé).
Montant des aides 2026
C'est le vrai tournant de cette édition, et la plateforme officielle a publié l'architecture de l'aide : l'État finance 29 % du coût d'acquisition du véhicule, dans la limite de 6 500 €. Ce plafond monte à 9 000 € lorsque le site de fabrication du véhicule et celui de production de la batterie sont situés dans l'Espace économique européen.
Une surprime forfaitaire de 500 € s'ajoute si le moteur électrique est lui aussi fabriqué dans l'EEE, soit un plafond maximal de 9 500 €.
À noter : cette aide n'est pas cumulable, pour un même véhicule, avec les coups de pouce CEE TRA-EQ-114 et TRA-EQ-117.
Attention : cette modulation va réduire le choix réel des bénéficiaires. Un modèle asiatique compétitif en prix catalogue restera éligible, mais plafonné à 6 500 € ; le « tarif à 100 € » sera bien plus facile à décrocher sur un modèle assemblé en Europe avec batterie et moteur européens.
La promesse politique (pouvoir d'achat + réindustrialisation) est cohérente et pour l'usager, elle se traduit par une équation simple : plus la voiture est « européenne », plus le loyer descend.
Modèles éligibles et démarche d'inscription
Côté catalogue, on annonce une trentaine de modèles chez une quinzaine de marques ; la liste officielle des véhicules éligibles est publiée sur le site de l'ADEME (score environnemental), et seuls les véhicules neufs sont admis (pas d'occasion ni de rétrofit). Renault a par ailleurs confirmé sa participation avec quatre véhicules (Twingo, R5, R4 et Mégane).
Pour rappel, les critères techniques de 2025, reconduits pour l'essentiel, visaient une voiture électrique neuve de catégorie M1, à ≤ 47 000 € TTC hors options, moins de 1 800 kg (les gros SUV électriques sont écartés) et un score environnemental ADEME suffisant.
La demande passe par un professionnel de l'automobile enrôlé auprès de l'ASP, qui s'occupe de toutes les démarches administratives ; un simulateur d'éligibilité est disponible sur la plateforme officielle. En pratique, préparez votre dossier avant l'ouverture du 16 juillet :
- Vérifiez votre avis d'imposition 2025 (RFR par part ≤ 16 880 € ; revenus 2024).
- Mesurez votre trajet domicile-travail (plus de 10 km) ou votre kilométrage professionnel (plus de 8 000 km/an).
- Estimez votre kilométrage annuel réel : domicile-travail + pro + week-ends + vacances (forfait inclus : 15 000 km/an).
- Faites estimer votre ancienne voiture : sa vente peut financer assurance, recharge et réserve de fin de contrat.
- Comparez les modèles et leur origine de fabrication, qui fait varier l'aide.
- Exigez un devis détaillé : loyer de base / options / assurance / km supplémentaire / option d'achat / frais de restitution.
Les places partent vite : en 2024, les 50 000 dossiers ont été écoulés en six semaines ; en 2025, plus de 150 000 candidats se sont disputés autant de places.
Carte grise et revente ancienne voiture
En LLD ou LOA, le certificat d'immatriculation est établi au nom du loueur, votre nom figurant comme locataire. Vous n'avez donc aucune démarche d'immatriculation à faire ni le coût du certificat à avancer.
C’est un point non-négligeable lorsque l’on sait que la carte grise des électriques n'est plus gratuite : depuis le 1ᵉʳ mai 2025, la quasi-totalité des régions facturent la taxe régionale au tarif plein sur les véhicules électriques (seuls les Hauts-de-France maintiennent une exonération partielle de 50 % en 2026).
La démarche qui vous concerne porte sur votre ancienne voiture. Si vous la vendez, vous devez réaliser la déclaration de cession en ligne sous 15 jours et fournir un certificat de situation administrative (non-gage) de moins de 15 jours à l'acheteur.
À titre d’exemple, une voiture estimée à 2 500 € couvre approximativement plus de quatre ans de recharge à domicile ou environ 18 mois de loyer à 140 €.
Leasing social 2026 : avantageux ?
C'est une excellente opération à trois conditions :
- vous êtes éligible,
- vous rechargez surtout à domicile ou au travail,
- vous remplacez un thermique coûteux en carburant.
Pour un actif modeste qui roule 12 000 à 18 000 km/an, le calcul penche clairement du bon côté.
Le contre-exemple, c'est le petit rouleur urbain : 6 000 km/an, pas de recharge à domicile, dépendant des bornes rapides payantes. Pour lui, l'économie de carburant est trop faible pour absorber le loyer + l'assurance.
Bon à savoir : le kilométrage inclus est fixé à 15 000 km/an sans frais supplémentaires pour 2026 (chiffre officiel, plateforme primealaconversion.gouv.fr), contre environ 12 000 km lors des éditions précédentes. Un trajet de 70 km aller-retour sur 220 jours, c'est déjà 15 400 km, donc extension probable. Au-delà du forfait, chaque kilomètre supplémentaire est facturé à la restitution. Et le « loyer à 200 € maximum » s'entend hors options, assurance et entretien, la mensualité réellement prélevée peut donc dépasser ce seuil.
Ce qui n'est pas encore officiel
La plateforme d'inscription de l'État (primealaconversion.gouv.fr) a publié la date, le plafond de revenus, les conditions d'usage, le loyer maximal, le kilométrage inclus et l'architecture de l'aide. Reste un point en attente : les barèmes détaillés par modèle, qui fixeront le loyer exact de chaque voiture. La plateforme indique qu'ils « seront prochainement disponibles ». La liste précise des véhicules éligibles est, elle, à consulter sur le site de l'ADEME le jour de l'ouverture.
Attention aussi à ne pas confondre deux dispositifs : le volet « gros rouleurs » n'est pas du leasing social, mais une aide à l'achat distincte (jusqu'à 7 700 €), réservée aux ménages des 6ᵉ au 8ᵉ déciles parcourant au moins 12 000 km/an pour leur activité, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026 (50 000 véhicules visés).

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