Un arrêté du 13 septembre 2026, publié au Journal officiel du 22 septembre, relève les plafonds des frais de fourrière pour les voitures particulières. À partir du 1er octobre, l'enlèvement passe de 127,65 € à 135 € et la journée de garde de 6,75 € à 7,15 €. La hausse reste contenue. Deux éléments pèsent davantage sur la facture finale : les jours laissés filer avant de récupérer le véhicule, et une clause d'indexation annuelle qui s'appliquera à partir de 2027. Nous détaillons les montants, les villes concernées et la démarche à connaître côté carte grise.

Frais de fourrière : le nouveau barème au 1er octobre
Le texte de référence est l'arrêté du 13 septembre 2026, qui modifie deux arrêtés anciens : celui du 14 novembre 2001 (barème national) et celui du 28 novembre 2003 (barème des communes les plus importantes). Il est pris en application de l'article L. 325-9 du code de la route et entre en vigueur le 1er octobre 2026.
Pour une voiture particulière, hors Paris, Lyon, Marseille et Toulouse, les montants maxima deviennent :
Deux précisions qui évitent les mauvaises additions :
- ces chiffres sont des plafonds : une fourrière peut facturer moins, jamais plus.
- l'arrêté du 14 novembre 2001 prévoit que la perception des frais d'enlèvement exclut celle des frais d'opérations préalables. Les 15,20 € ne s'ajoutent donc pas aux 135 € ; ils s'appliquent lorsque le propriétaire arrive avant que le véhicule ait quitté le sol, camion déjà sur place.
À noter : les deux-roues motorisés et les poids lourds ne sont pas concernés par cette revalorisation. L'enlèvement d'une moto reste plafonné à 45,70 € et sa garde à 3 € par jour, montants inchangés depuis le passage à l'euro.
Paris, Lyon, Marseille, Toulouse : des plafonds distincts
Les quatre plus grandes villes relèvent de l'arrêté du 28 novembre 2003, qui justifie un barème séparé par les difficultés de circulation et d'enlèvement propres à ces agglomérations :
- à Lyon, Marseille et Toulouse, l'enlèvement s'aligne sur le nouveau tarif national (135 € au lieu de 127,65 €). La garde journalière y reste à 10 € et la mise en vente à 61 €.
- à Paris, rien ne bouge au 1er octobre : 150 € l'enlèvement, 29 € la journée de garde, 100 € la mise en vente. La garde parisienne coûte ainsi quatre fois le plafond national. Service-public.gouv.fr donne l'ordre de grandeur : une voiture enlevée à Paris et récupérée le jour même revient à 179 €, sabot non compris.
Facture fourrière : pourquoi les jours comptent plus que la hausse ?
La revalorisation représente 7,35 € sur l'enlèvement et 0,40 € par jour de garde. Sur une voiture récupérée en quatre jours, l'écart entre l'ancien et le nouveau barème atteint 8,95 €. À l'échelle d'une facture qui dépasse couramment 150 € avant même l'amende, ce surcoût est réel mais secondaire.
Ce qui augmente la note, c'est le calendrier. Trois délais s'enchaînent, fixés par le code de la route et rappelés dans la fiche F12918 de service-public.gouv.fr :
- Notification : si le propriétaire ne s'est pas manifesté, une lettre recommandée avec accusé de réception lui est envoyée dans les 5 jours ouvrables suivant la mise en fourrière (article R. 325-32).
- Mise en demeure : à compter de cette notification, le propriétaire dispose de 15 jours (véhicule à remettre aux Domaines), 10 jours (véhicule à détruire) ou 7 jours (véhicule utilisé pour un rodéo motorisé).
- Abandon : passé ce délai, le véhicule est remis au service des Domaines pour vente ou à un centre VHU pour destruction. Il reste récupérable avant la vente, contre paiement des frais de mise en vente en plus des frais de fourrière.
Chaque journée écoulée ajoute 7,15 € au compteur hors grandes villes, 10 € à Lyon, Marseille ou Toulouse, 29 € à Paris. Le premier réflexe utile consiste donc à localiser le véhicule sans attendre : le service en ligne de l'État permet de le retrouver à partir de la plaque d'immatriculation, de consulter la fiche descriptive et de récupérer l'autorisation de sortie (mainlevée). Toutes les fourrières n'y sont pas encore reliées ; en cas d'échec, le commissariat ou la gendarmerie du lieu de stationnement reste l'interlocuteur.
Carte grise et fourrière : l'adresse qui conditionne tout
La sortie de fourrière suppose de présenter trois documents : l'attestation d'assurance, le permis de conduire en cours de validité et le titre de circulation (certificat d'immatriculation, certificat provisoire d'immatriculation, CPI WW ou certificat W garage).
La notification de mise en fourrière rappelle d'ailleurs l'obligation de remettre la carte grise et les sanctions encourues en cas de non-remise. Lorsque le titre a été retiré lors de l'enlèvement, il est restitué avec le véhicule sur présentation de la mainlevée.
Attention : la notification est adressée au propriétaire à l'adresse figurant sur la carte grise, c'est-à-dire aux données du système d'immatriculation des véhicules (SIV). Une carte grise portant une ancienne adresse expose à ne jamais recevoir la lettre recommandée, tandis que le délai de mise en demeure court quand même.
Le code de la route impose de déclarer un changement de domicile dans le mois qui suit (article R. 322-7) ; et en cas d’oubli, la sanction est une contravention de 4e classe (135 €). Un déménagement non déclaré peut ainsi coûter bien plus qu'une amende : quinze jours de garde à 7,15 €, puis un véhicule vendu ou détruit.
La démarche de changement d'adresse se fait en ligne, via l'ANTS - France Titres. Pour les usagers qui préfèrent déléguer la constitution et vérification du dossier, un service d'assistance comme portail-cartegrise.fr vérifie les pièces et transmet la demande au service instructeur, dans le cadre d'un mandat.
Indexation annuelle dès 2027 : notre position
Le changement structurel figure dans une phrase ajoutée aux deux arrêtés : les tarifs maxima de l'enlèvement et de la garde journalière seront désormais fixés chaque année en tenant compte de l'évolution du coût des carburants, de la main-d'œuvre, des assurances et des véhicules. Cette clause s'applique à compter d'un an après la publication, soit le 22 septembre 2027 au plus tôt, selon la notice de l'arrêté sur Légifrance (Service-public.gouv.fr résume par « dès 2027 »).
Cette indexation sert aussi les automobilistes. Depuis 2017, les plafonds ont progressé par à-coups (2017, 2020, 2024, 2026), chaque fois après plusieurs années de gel puis une revalorisation d'environ 5 % obtenue au terme d'un bras de fer entre l'État et les organisations de gardiens de fourrière. Le rattrapage de 2024 avait été jugé insuffisant par Mobilians et la FNA, qui réclamaient 12 à 13 %. Des ajustements annuels de faible ampleur sont plus lisibles qu'un saut négocié tous les deux à six ans, et ils retirent aux professionnels l'argument du retard accumulé.
Exemple : calcul illustratif (profil type, hors Paris et hors grandes villes)
Hypothèse : voiture particulière enlevée un vendredi en fin de journée pour stationnement très gênant, récupérée le mardi suivant, soit 4 journées de garde facturées. Comptage retenu : toute journée commencée est due, pratique constatée dans les conventions de fourrière mais à confirmer auprès de la fourrière concernée.
- Avant le 1er octobre 2026 : 127,65 € + (4 × 6,75 €) = 154,65 €
- À partir du 1er octobre 2026 : 135 € + (4 × 7,15 €) = 163,60 €
- Écart lié à la revalorisation : 8,95 €
- Amende forfaitaire pour stationnement très gênant (4e classe, R. 417-11) : 135 €, indépendante des frais de fourrière
- Total à débourser après le 1er octobre : 298,60 €
Même scénario à Paris, barème inchangé : 150 € + (4 × 29 €) = 266 € de frais seuls, avant amende. La ville pèse davantage que l'arrêté.
Check-list : récupérer son véhicule sans laisser courir les frais
- Le jour même, saisir la plaque sur le service en ligne « Récupérer un véhicule mis en fourrière » (service-public.gouv.fr, R68776) ; à Paris, utiliser le téléservice de la Ville (R50292).
- Si le véhicule n'apparaît pas, réessayer quelques heures plus tard (délai d'enregistrement), puis contacter le commissariat ou la gendarmerie du lieu de stationnement.
- Télécharger la fiche descriptive et la conserver : elle sert de référence en cas de dommages constatés à la restitution.
- Réunir les trois justificatifs : attestation d'assurance, permis valide, titre de circulation.
- Obtenir la mainlevée en ligne ou auprès des forces de l'ordre ayant prescrit la mise en fourrière.
- Régler les frais auprès du gardien en demandant le détail ligne par ligne, et comparer aux plafonds ci-dessus.
- Si la carte grise porte une ancienne adresse, lancer la déclaration de changement d'adresse dès la sortie de fourrière.
- En cas de contestation, suivre la voie indiquée sur la notification (procureur de la République ou préfet), réponse sous 5 jours ouvrables.
Signal de réussite : véhicule récupéré avant l'envoi de la lettre recommandée, facture égale ou inférieure à « enlèvement + jours de garde ».

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